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Métissage culturel et artistique, voilà bien le créneau défendu par les coordinateurs de l’Ancre. Petit préambule sur un programme surprenant et alléchant !
Depuis deux ans, Jean-Michel Van den Eeyden et son équipe s’attellent à se défaire de l’image pointue et expérimentale qui colle à la peau de l’illustre Théâtre de l’Ancre. D’ailleurs, ces derniers ne veulent plus de cette appellation. Ils préfèrent l’Ancre tout court. Il est vrai que ce lieu culturel unique à Charleroi ne se cantonne pas à une seule discipline artistique : « Nous voulons que le public perçoive notre travail comme contemporain et accessible, précise le directeur artistique de la rue de Montigny. Notre but est de proposer aux spectateurs ce qui ne se fait pas ailleurs. Le décloisonnement est vraiment le terme qui résume le plus notre envie. »
Cette saison, l’Ancre propose un programme culturel assez varié. Photographie, danse, cirque et théâtre, il y a une véritable volonté de se démarquer du théâtre traditionnel. : « Nous prenons certains risques avec notre notion de découverte. Nous voulons proposer à nos spectateurs des choses qu’ils ne pourraient pas voir avant 2011 ou 2012. Prenons, Tremplin pépite and co. Ce projet est constitué de jeunes d’une école liégeoise d’acteurs. C’est un pari audacieux. Mais ce qu’ils réalisent doit être vu par le public. Il y a des jeunes de 20-25 ans qui sont étonnants. »
Un chagrin qui baigne l'adolescence !
L’étonnement, voilà bien un terme qui pourrait définir la nouvelle saison de l’Ancre. À l’occasion du week-end portes ouvertes, le public a pu découvrir un avant-goût du programme à venir. Une chose est certaine, cette année, c’est l’adolescent, ses préoccupations et ses relations à l’adulte qui seront au cœur des différentes pièces proposées. « L’un de nos plus beaux défis de cette année sera le lancement du festival Kicks, pointe Jean-Michel Van de Eeyden. Avec l’association de plusieurs autres acteurs culturels de la région, nous allons essayer de sensibiliser le public sur la question de la jeunesse durant un mois. C’est une question qui suscite de l’intérêt. De nombreux partenaires s’intéressent déjà au projet pour la prochaine saison. J’espère attirer des jeunes et des professeurs. Nous avons un rôle de pivot à jouer entre les élèves et les institutions scolaires. »
Le Chagrin des ogres est certainement la pièce qui s’inscrit le plus dans ce créneau. Le public présent samedi et dimanche a pu s’en rendre compte; plongé dans la pénombre de la maison d'Assaut, une jeune fille au visage ensanglanté vient ponctuer les propos durs d’un jeune homme, exclu, qui n’a plus qu’une seule idée en tête; faire payer la société. Ce spectacle est basé sur les réalités de Natascha Kampusch et Bastian Bosse (un allemand de 18 ans qui a fait un carnage l’arme à la main dans on lycée). Cette fable réaliste nous plonge dans l’univers d’une certaine jeunesse d’aujourd’hui.
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