Nouvelle Gazette : quel "je" joue-t-elle ? |
|
|
| Vendredi, 28 Août 2009 00:00 | ||
|
Néanmoins, ce regard plutôt positif de Philippe MacKay n’est pas partagé par chacun de ses confrères comme en atteste cette analyse de l'un des derniers faux indépendants de Charleroi: « Selon moi, cette manière de voir les choses est un véritable pis-aller puisqu’idéalement, les « on croyait que » ne devraient pas figurer dans un article », assène-t-il. Ce dernier porte d’ailleurs un regard assez critique sur le « pourquoi » de telles méthodes rédactionnelles. « La Nouvelle Gazette le fait parce qu’elle n’est absolument pas en droite ligne avec la déontologie telle qu’enseignée dans les universités. Et, personnellement, je ne pense pas que ce soit le rôle du journaliste de se mettre en scène et de dire « regarde lecteur, je suis comme toi ». J’ai certes une vision malheureusement surannée du journalisme mais, pour moi, sa fonction repose sur deux piliers complémentaires et indissociables : être présent sur l’événement et rendre compte et expliquer. » People or not people? Seraient-ce donc deux conceptions différentes du métier qui s’affrontent ? Didier Albin, journaliste indépendant, n’irait pas jusqu’à l’affirmer mais souligne que la presse régionale est sujette à un nouveau style de journalisme : « De plus en plus, on met l’auteur en scène, dans l’article tout comme dans les photographies. Il devient ainsi un des « objets » du papier, analyse-t-il. Moi, il me semble que le journaliste est là pour analyser et, parfois, pour vivre… mais pas trop souvent. » Assisterait-on alors à une volonté de peopliser les membres de la rédaction afin d’être plus vendeurs ? Encore une fois, Didier Albin tient à nuancer : « Le terme peopliser est trop fort car il sous-entend une volonté de se mettre en avant par rapport à l’article, celui-ci ne servant plus que de prétexte. » Afin de pousser l’analyse plus profondément, l’idéal aurait bien évidemment été d’avoir l’avis d’un décideur de la Nouvelle Gazette afin de percevoir les tenants et les aboutissants d’une telle démarche rédactionnelle. Mais, malheureusement, David Flament, le rédacteur en chef de l’édition de Charleroi, n’a pas désiré nous répondre. Les questions soulevées et les ébauches d’explications amorcées sont multiples et chacun dispose d’un avis différent. Néanmoins, le nœud de l’interrogation semble être le rapport entre les lecteurs et les journalistes. Les premiers sont nombreux à penser que les journalistes les snobent, qu’ils croient tout savoir sur tout. Et les seconds désirent visiblement casser cette image et montrer qu’un journaliste n’est pas quelqu’un qui sait mais quelqu’un qui cherche à savoir. Par contre, personne ne sait qui l’a oublié en premier… D'autres medianalyses ? Cliquez ici !
Commentaires (1)
Powered by !JoomlaComment 4.0 beta2
|
| Conditions de diffusion - Qui sommes nous? - Pour nous contacter - Conditions d'utilisation de l'espace "commentaires" |