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Caterpillar, des travailleurs qui font le pied de grue

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Vendredi, 15 Mai 2009 09:50

Des efforts sont nécessaires si Caterpillar désire connaitre une éclaircie
Caterpillar Belgium a été frappé par la crise, de front. L’entreprise de Gosselies, deuxième des plus importants centres de production du groupe américain à travers le monde, a été confrontée dès l’automne 2008 à une chute vertigineuse du nombre de ses commandes.

Refusant tout pari sur l’avenir, la direction du site a rapidement procédé à une adaptation de son volume de travail. De début janvier à fin mars 2009, l’usine carolo d’engins de génie civile a produit pour 25% du volume qui était le sien lors du premier trimestre 2008.

Caterpillar Belgium souffre du ralentissement des échanges en biens d’investissement à une période où, de façon générale, l’accès au crédit s’est compliqué et où les concessionnaires, prudents également, ont d’abord cherché à épuiser les stocks accumulés en 2008. L’état du marché a imposé une série de mesures de réduction de coûts pour le site de Gosselies dont les dirigeants ont tenu à souligner qu’elles les touchaient, sinon avec la même acuité, au moins au même titre que les travailleurs. Depuis janvier à peu de choses près, les ouvriers sont soumis au chômage économique et ne travaillent plus qu’une semaine sur cinq. Le recours aux heures supplémentaires est abandonné. Les embauches sont gelées. La reconduction des contrats à durée déterminée est fortement freinée. La plupart des investissements sont reportés (ceux en sécurité et en qualité sont maintenus). Et le personnel de direction a accepté de réduire la part variable de sa rémunération.

Inactif pour rester actif

Longtemps, dans cette logique poussée de chasse aux coûts vus comme excédentaires, les  800 employés du site ont constitué une exception puisqu’ils continuaient à prester de façon normale, à quelques aménagements mineurs près. Les syndicats ont été les premiers à s’en inquiéter, proposant de négocier, comme dans le cas de Carsid par exemple, des crédits-temps. Jusqu’à la fin mars, la direction n’a guère paru s’émouvoir de cette situation, espérant sous doute des avancées sur le terrain d’un élargissement du chômage économique aux employés. Déçus, ils ont accepté la proposition des syndicats et se sont mis autour de la table. L’accord intervenu quelques semaines plus tard prévoit que les employés ne travaillent plus que quatre jours par semaine pour un salaire complété par des interventions de l’Onem et de l’entreprise, elle-même. Il avalise également des aménagements de fin de carrière pour les travailleurs les plus âgés. Les syndicats ont cité le consensus comme l’exemple d’une option plus heureuse que le chômage économique car il limite, disent-ils, l’intervention de l’Onem. On ajoutera qu’ils sont également parvenus à préserver le statut de l’employé, remettant à un climat plus serein les discussions autour d’une harmonisation éventuelle des statuts de l’ouvrier et de l’employé.

Si Caterpillar Belgium s’est donc donné les moyens de survivre à la crise et de pouvoir reprendre le moment venu, la constructeur devra tout de même attendre qu’elle passe. Selon les prévisions actuelles, sur l’ensemble de l’année 2009, l’entreprise réduira sa production de 70%.
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