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Jean-Pierre Declercq : « Di Rupo est un opportuniste »

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Mercredi, 24 Juin 2009 18:53

Sur un siège éjectable lors de l’affaire Donfut, du nom de l’ancien ministre régionale de la Santé, Elio Di Rupo a conforté sa place à la présidence du parti à la rose grâce aux résultats des élections du 7 juin dernier. Jean-Pierre Declercq veut minimiser ce succès.

L’ancien député permanent à la Province du Hainaut a toujours été un membre à part au sein du parti socialiste. Grand ami de Jean-Claude Van Cauwenberghe, avec qui il a fait ses études de droit à l’ULB, il a toujours marqué une certaine inimitié à l’égard de quelques camarades. Il y a 30 ans, il créait une liste dissidente au PS aux élections communales à Fontaine-l’Evêque. « En ce temps-là, c’était déjà une lutte de places et non d’idées », lance-t-il directement. Plus tard, il devient donc chef de l’exécutif provincial jusqu’à cette inculpation pour ses activités de curateur d’entreprises en mai 2006. Il décide de démissionner avec perte et fracas, il s’en prend verbalement à la juge Baeckelande, à Laurette Onkelinx - alors ministre de la Justice - et à son président de parti, Elio Di Rupo.

A l’instar des Van Cau, Despi et Cariat, Jean-Pierre Declerq fait office de vestige du vieux «socialisme carolo», une époque désormais révolue. Il va néanmoins s’accorder un dernier baroud d’honneur. Durant l’été 2007, il défie son grand ennemi, Elio Di Rupo, pour obtenir la présidence du PS. Seulement, les résultats sont courus d’avance. Le Montois est réélu avec une confortable avance. « C’était, bien évidemment, une cause perdue, confirme Jean-Pierre Declercq. Di Rupo avait l’appareil pour lui, il n’a pas hésité à utiliser les finances du parti. De mon côté, j’ai voulu présenter un vrai programme, pas un programme alternatif vu qu’il n’y avait rien à la base. J’espérais rassembler les électeurs, réintégrer des valeurs comme la solidarité et la fraternité. Elles ont disparu à cause de Di Rupo. Je désirais également réinstaurer la culture du débat. Pour ne plus que les militants arrivent à un meeting juste pour applaudir les discours. » Face à ce constat présenté par l’ancien député permanent, on peut tout de même se demander si les socialistes carolorégiens jouissaient de plus de libertés à ce niveau sous le leadership de son grand ami, Van Cau ? On peut en douter.

Quoi qu’il en soit, Elio Di Rupo reste fixé aux commandes du parti socialiste. Il a même retrouvé une certaine légitimité, qui avait été mis à mal par quelques affaires juste avant les élections, grâce à la récente victoire lors du scrutin régional et la mise en place d’un olivier (PS-cdH-Ecolo) au gouvernement wallon. « Il est conforté dans sa domination de l’appareil. Le PS reste le premier parti en Wallonie, mais il a perdu des électeurs avec les votes blancs et nuls. Elio Di Rupo ne véhicule pas des idées socialistes et progressistes. Au lieu de ça, il fait du populisme et de la démagogie. Pour gagner des voix parmi la diaspora turque, par exemple, il épouse les thèses négationnistes sur le génocide arménien. C’est un opportuniste qui utilise le parti à ses propres fins. Il accuse les autres d’être des parvenus, alors qu’il est dépourvu d’éthique. Il n’y a qu’à voir les revenus qu’il perçoit en tant que député-bourgmestre et patron du PS. »   

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